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Chapitre 4
Le premier rêve

Mélito et Hagnor descendirent à pied la butte sur laquelle était édifiée Mid, en direction de l'ouest ; derrière eux, le toit pentu de la Préfecture et les dômes du Temple d'Ishta et de celui des Quatre Dieux, dominant tous les bâtiments du bourg, s'éloignaient peu à peu, au fur et à mesure que les deux voyageurs parcouraient la route herbeuse qui s'enfonçait dans le paysage silencieux et désert en cette saison froide, survolé par instants par des bandes d'oiseaux noirs et quelques rares goules. Celles-ci étaient toujours moins nombreuses dans les campagnes qu'en ville ; mais elles n'en étaient pas moins dangereuses, car on ne disposait plus, loin des habitations, de la protection des centaines de cristaux portés par les citadins.
- Où va-t-on ? demanda le garçon à son nouveau maître, alors que la pente s'adoucissait pour remonter doucement.
- D'abord retrouver mon garde du corps, répondit Hagnor. Je l'avais chargé d'aller acheter des chevaux dans un village du coin, pendant que j'allais en ville. Je lui ai donné rendez-vous à un carrefour pas très loin d'ici. Tu vas voir, mon garde du corps a un sacré caractère, mais c'est une personne entièrement digne de confiance. Et puis quel as à l'épée !
Ils marchèrent encore quelque temps avant d'arriver à la croisée de quatre chemins ; là, sous un chêne, près d'une stèle dédiée à Hôr, le dieu des routes et des carrefours, on pouvait distinguer les silhouettes de deux chevaux et d'un mulet, et, assis entre les bêtes au pied de l'arbre, quelqu'un qui attendait. Ce devait être ce fameux garde du corps, cet épéiste fabuleux, cet as chargé de la protection du grand maître Hagnor.
Aussi Mélito fut-il stupéfait de voir bondir vers l'aventurier une petite femme blonde aux grands yeux noirs écarquillés qui lui donnaient constamment l'air ahuri, en robe taillée assez court qui laissait voir ses jambes chaussées de bottes et une bonne partie de sa poitrine (autant qu'on en peut montrer en hiver sans prendre froid), qui ne devait pas même avoir vingt ans.
- Salut, Hag' ! cria la blonde d'une voix suraiguë en sautant au cou de l'homme, qui n'en parut pas surpris outre mesure.
- Mélito, dit Hagnor, je te présente Xam. Xam, voici Mélito, notre nouvel homme à tout faire.
- Homme à tout faire ? gloussa la garde du corps. Ca me plaît bien. Mélito, c'est ça ? C'est un môme ce gosse ! On t'a ramassé où, toi ?
- Je suis un employé ! regimba le garçon. J'étais l'apprenti de maître Nareliedh, et on ne m'a ramassé nulle part !
- Mais c'est qu'il prend la mouche ! railla Xam. Il est plutôt marrant, dis, même s'il le fait pas exprès. T'as bien fait de le ramener, Hag' !
- Vous êtes sûr qu'on peut faire confiance à cette fille ? s'exclama Mélito, excédé, à l'adresse de l'aventurier.
- Je me confierais à elle les yeux fermés et les mains attachées dans le dos, répondit tranquillement Hagnor.

# Posté le samedi 01 mars 2008 05:08

Modifié le dimanche 16 août 2009 08:08

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Xam secouait sans cesse ses cheveux blonds filasses, promenait partout ses grands yeux perpétuellement moqueurs, s'extasiait de tout ce que faisait Hagnor, se moquait de tout ce que disait Mélito car, après avoir examiné le garçon sous tous les angles, elle avait visiblement décidé d'en faire son souffre-douleur. Chaque geste, chaque mot, chaque détail physique ou vestimentaire de l'adolescent, elle le rabrouait d'un ton railleur, enjoué et particulièrement agaçant ; et c'était cette fille dont maître Hagnor faisait l'éloge avec tout le sérieux du monde ! D'accord, Xam portait deux épées suspendues à sa taille dans des fourreaux de cuir brun, mais savait-elle même s'en servir ?
- Bon, alors, Hagnor, j'ai acheté deux chevaux et un mulet, dit-elle à l'aventurier quand elle se fut lassée d'asticoter Mélito, on n'a qu'à mettre le gosse sur le mulet avec les provisions. Mais au fait, on va où là ?
- Nous partons à la recherche d'un certain maître Nareliedh, déclara le voyageur, ce pourrait être l'un des cinq. Ton maître t'a bien parlé de Sewar, mon garçon ?
Mélito acquiesça, mais émit des doutes : il avait juste mentionné la ville, mais juste pour attirer l'attention de son apprenti sur la lettre et les joyaux, sans préciser si c'était là qu'il se rendait.
- C'est vrai, admit Hagnor, mais nous n'avons pas d'autre piste... Nous prendrons donc d'abord la direction du nord, et si nous ne trouvons pas de traces d'eux sur la route, nous ferons demi-tour. D'ailleurs, nous nous arrêterons à Riem, Kônom nous fournira des renseignements.
- Tu pourrais... commença Xam.
- Je préférerais éviter.
- D'accord, je disais parce que Riem, on y s'ra pas avant deux jours de cheval, et il y a pas d'autres villages dans c'te direction.
- Il va falloir dormir à la belle étoile ? s'inquiéta Mélito. Avec le froid... et les goules ?
- Ne t'inquiète pas, le rassura le maître, tu n'auras pas à choisir entre un bon rhume et les goules. Bon, les enfants, trêve de bavardages, en route.
Aussitôt dit, aussitôt fait ; Hagnor et Xam enfourchèrent chacun un cheval tandis que le garçon se hissait sur le dos du mulet, par-dessus le bât contenant les provisions des voyageurs, et ils prirent la direction du nord-ouest, quittant la croisée des chemins à travers le territoire vallonné que les peuples du sud nommaient Domaine des Défricheurs. Toutes ces collines qui montaient et descendaient en courbes molles, auparavant, faisaient partie de la Grande Sylve du nord ; des myriades d'arbres massifs, d'épais sous-bois, des fourrés sauvages et obscurs avaient recouvert ces terres depuis des temps immémoriaux, jouxtant les Royaumes du sud où s'entassaient les habitants de plaines surpeuplées. Peu à peu, des mouvements de population s'étaient produits ; les hommes du sud avaient émigré pour trouver des terres à cultiver, eux qui ne savaient pas vivre en tribus sous les arbres comme les Forestiers qui habitaient la Sylve ; alors, arbre par arbre, lopin de terre par lopin de terre, ils avaient entamé l'immense étendue de forêt, armés de torches, de pioches, voire d'épées quand les Forestiers voulaient lutter contre ce qu'ils considéraient comme le vol de leurs territoires. De moins en moins nombreux, cependant, les Forestiers avait reculé vers le nord, et la Sylve reculait avec eux. Ainsi, sur les champs nés sous les troncs et les souches, vivait ce peuple hétéroclite que l'on appelait les Défricheurs, une population simple, attachée à l'agriculture et à l'artisanat, neutre dans tous les conflits qui ne l'opposaient pas aux Forestiers. Parce qu'ils venaient de partout ou presque, les Défricheurs n'avaient pas de réelle unité ; ils parlaient tous, d'origine ou par commodité, le demgari, la langue de l'Ancien Royaume ; certains, comme Mélito, connaissaient le paralien, voire des rudiments de langue quared. Ils s'organisaient autour de villages et de villes dirigés par un Préfet, voire par un Conseil quand c'était une grande ville ; quatre fois par an, les Préfets se rencontraient, le plus souvent dans la ville de Sewar, pour prendre en commun des décisions que chacun, de retour dans son district, n'appliquait que si cela l'arrangeait.

# Posté le lundi 03 mars 2008 06:34

Modifié le dimanche 16 août 2009 08:08

4-3

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Tous trois faisaient régulièrement avancer leurs montures à travers ces terres où se dressait par moments un village, assez loin à droite ou à gauche de la route, une ferme solitaire où s'agitaient quelques paysans, une stèle dédiée à Hôr, aux dieux des collines ou à quelque autre divinité, ou une souche d'un ancien maître-arbre de la Sylve disparue. Le soir les surprit alors qu'ils étaient plus ou moins au milieu de nulle part, à des lieues de la première habitation. Il fallut s'arrêter à couvert sous quelques arbres isolés et s'apprêter à passer la nuit à la belle étoile, en espérant éviter la pluie - et les goules.
Hagnor attacha son cheval à un arbre et lança un ordre au garçon :
- Mélito, fais du feu.
- Quoi ? faillit s'étrangler l'adolescent en descendant de son mulet. Mais ça va attirer toutes les goules qui traînent dans le coin !
- Je connais quelques moyens de les tenir à distance. Tu ne me fais pas confiance ?
- Si, si, dit Mélito, peu rassuré malgré tout, avant de se mettre à ramasser des feuilles sèches et des branches mortes trouvées à terre.
Quand le garçon eut fait naître une flamme avec le briquet sommaire que lui passa Xam, Hagnor se leva, sortit des larges poches de son vaste manteau une boîte cylindrique, l'ouvrit et y prit une poignée de poudre qu'il jeta dans le feu. La flamme s'éleva d'un coup en crépitant, puis rendit dans un craquement une nuée d'étincelles qui retombèrent vers le sol avant de s'évanouir dans l'ombre.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Mélito à l'aventurier.
- De la poudre de lazia. Mêlée à la cendre, elle a un pouvoir répulsif comparable à celui de plusieurs cristaux pendant une dizaine d'heures.
- Tu sais pas ça ? s'étonna Xam en fixant le garçon de ses grands yeux noirs comme s'il était un parfait abruti. Mais tu sais rien mon pauvre !
- Cela dit, pour te rassurer, on va utiliser une autre mesure de sécurité, ajouta Hagnor en s'asseyant près du feu. Dans le nord, on a observé que si les goules étaient à proximité de personnes qui parlaient assez longtemps, qui racontent des histoires par exemple, même si ces personnes n'étaient pas munies de cristaux protecteurs, elles les attaquaient moins que d'autres. C'est comme si les mots avaient le pouvoir de les... rassasier. Alors si vous avez une bonne histoire... Tiens, Mélito, commence. Tu dois bien connaître une histoire intéressante ?
Le garçon soupira, se gratta la tête et décida de rapporter un des vieux contes que sa mère, des années auparavant, lui avait racontés. C'était l'histoire d'Aralim, un enfant trouvé dans un berceau d'algues qui flottait sur les vagues de la mer Quared, recueilli par un vieux pêcheur, et qui en grandissant, révélait une force hors du commun. Aralim avait quitté son village et atteint l'Empire Varasha, où il avait vaincu le monstrueux griffon Vaquil, avec l'aide de l'oiseau Umbo. L'empereur devait lui donner la main de sa fille, mais rechignait à la marier à ce va-nu-pieds. Alors il l'avait soumis à une épreuve impossible : faire surgir des eaux une terre nouvelle, où le jeune couple pourrait régner. Mais Aralim était en réalité le fils du dieu Tripasso, et de Rejala, la déesse qui règne sur la Mer Quared, et sa mère avait créé pour lui l'île d'Ostrie. A la fin, l'empereur cupide périssait à cause de son avidité, tandis qu'Aralim et sa nouvelle femme rejoignaient la lune Bégiste, domaine du dieu Tripasso, pour y vivre éternellement.

# Posté le vendredi 21 mars 2008 11:06

Modifié le dimanche 16 août 2009 08:09

4-4

4-4
- C'est un conte pour gosses ton truc ! railla aussitôt Xam. Je vais t'en dire une, moi, d'histoire, une vraie ! C'était deux jeunes filles très sages d'un petit village du coin qui accueillirent un jour un étranger qui disait qu'il était soldat...
- Arrête, Xam, intervint Hagnor, je la connais, cette histoire, et Mélito est sûrement trop jeune pour l'entendre. Je vais en raconter une, et puis nous irons tous dormir.
Il baissa un instant la tête pour regarder les longs rubans orange, rouge et or des flammes. La nuit était calme et silencieuse ; par intervalles, les nuages laissaient apparaître les quatre lunes qui luisaient doucement dans le ciel, avant de les recouvrir de leur masse sombre ; tout semblait tranquille. Mais ce n'était peut-être qu'une apparence. Les goules pouvaient très bien les épier dans le noir.
Hagnor leva les yeux vers Mélito, eut un sourire rassurant et commença à parler :
- "Il y a plusieurs siècles, toute cette terre était entièrement recouverte par les arbres, au temps de l'apogée des Quatre Royaumes, et le royaume Hemgo n'était pas le moindre des quatre. Son territoire allait jusqu'aux Monts d'Arva, et de la Mer Intérieure à la lisière de la Grande Sylve. Les Hemgos étaient d'ailleurs les alliés et les amis des Forestiers, les fiers habitants de la Sylve. En signe de cette amitié, on avait construit un palais à la limite même des arbres, où la famille royale elle-même avait ses quartiers d'été.
"Or, on raconte qu'à l'époque, le roi des Hemgos avaient trois filles, belles comme le jour et pures comme la source du Fidiar. Une après-midi d'été, elles jouaient à la balle dans le vaste parc de ce palais dont je viens de parler, vêtues de légères robes de soie blanche, agitant leur chevelure claire au vent, riant parmi les fleurs et les arbres. Mais la plus jeune des trois, qui était aussi la plus maladroite, perdit leur balle, une sphère toute d'or, une merveille fabriquée par l'un des plus habiles maîtres-orfèvres du royaume. La balle s'en fut rouler dans le parc, et disparut dans les fourrés, là où le jardin jouxtait la Sylve elle-même. Alors, à la recherche de leur jouet, les trois jeunes filles passèrent la lisière du bois, sans crainte des bêtes sauvages ni de l'obscurité de la sombre Sylve. Elles errèrent des heures sous les épaisses frondaisons, jusqu'à atteindre un recoin noir, des profondeurs inexplorées des bois, où même les Forestiers ne se rendaient jamais. Et là, si on croit la légende, elles trouvèrent un arbre immense, gigantesque, un arbre plus haut que les tours des palais humains. Et sous ses racines imposantes, il y avait une sorte de souterrain, et dans ce souterrain, une porte.
"Ce qu'il y avait derrière la porte, nul ne le sait. Aucune des trois princesses ne voulut le dire, mais à ce sujet, elles gardaient le silence en souriant mystérieusement. Ce que l'on sait, par contre, c'est que, quand on se fut aperçu de leur disparition, quand toute la maisonnée et les domestiques les eurent cherchées partout, en vain, quand la famille royale, au bord du désespoir, fit une dernière excursion vers la Sylve, on les vit soudain sortir toutes trois des bois, parfaitement indemnes, marchant tranquillement vers leur palais. L'aînée, au centre, tenait la balle d'or, et ses deux cadettes portaient des brassées de fleurs pourpres.
"Ces fleurs mystérieuses avaient des propriétés célestes que nul n'a pu énumérer en entier. On dit cependant que, quelque part sur les terres de ce qui fut le royaume Hemgo, il existe une cachette, un refuge, un jardin merveilleux où furent plantées ces fleurs pourpres cueillies au-delà de la porte. Depuis, les arbres ont été arrachés, la forêt rasée, et on n'a retrouvé aucune porte. Mais le jardin existe, quelque part."
- Et dans ce jardin, dit Hagnor en changeant soudain de ton, les Hemgos ont caché un objet, un objet que les Envahisseurs recherchent aujourd'hui à tout prix.
- Pardon ? murmura Mélito, qui commençait à s'assoupir doucement, emmitouflé dans ses couvertures.
- Non, rien, je parlais pour moi-même, répondit le maître. Tu as l'air fatigué, dis-moi... Il est temps de dormir. Xam, j'assurerai le premier tour de veille. Tu prendras la relève au milieu de la nuit.
- Et lui alors ? râla Xam.
- Les garçons de cet âge ont besoin de dormir, conclut Hagnor.

# Posté le dimanche 30 mars 2008 13:43

Modifié le dimanche 16 août 2009 08:09

4-5

4-5
Alors Mélito se pelotonna complètement dans ses couvertures et se laissa envahir doucement par le sommeil, sous ces quelques arbres au milieu des champs déserts du Domaine des Défricheurs. Xam dormait à l'écart, et Hagnor veillait, assis face au feu de camp. Le ciel s'était dégagé, et la lumière des croissants inégaux des quatre lunes projetait sur le sol des ombres aux formes étranges.

Or, cette nuit-là, Mélito fit un rêve, et ce rêve le voici.
Il rêva qu'il se réveillait.
Il se réveillait allongé sur un tapis d'herbe, un peu haute, très douce sous sa tête, parsemée par endroits de fleurs aux couleurs éclatantes. Il rêva que face à un ciel limpide, bleu comme au c½ur de l'été, il ouvrait les yeux.
Il se redressa, se leva. L'herbe s'étendait devant lui en une longue pelouse qui montait et redescendait suivant une pente douce, autour d'un petit lac au bord duquel poussaient des ajoncs et virevoltaient des libellules. C'était un jardin, un vaste parc entouré par une haie d'arbres plantés dru, touffus, impénétrables. Et à l'intérieur de ce parc s'élevaient, non pas regroupés en un seul endroit selon une logique rigoureuse, mais un peu partout, dans un charmant et vivant désordre, de légers arbustes autour desquels s'agitaient des nuées d'oiseaux et de papillons, des arbustes aux branches couvertes de fleurs pourpres.
"Où suis-je ?" pensa Mélito, car bien sûr, il croyait être éveillé.
Et il pouvait bien le penser, tant le rêve avait les couleurs de la réalité.
Il chercha des yeux quelqu'un, un être doué de parole pour le renseigner : il ne vit personne. Alors il entreprit de faire le tour de l'immense jardin, chassant devant lui les insectes dorés et argentés, les papillons aux ailes chatoyantes.
Il cheminait toujours quand tout à coup, il entendit une faible musique, une mélodie claire, perçante, chargée de mélancolie. Elle venait d'un recoin du jardin, loin des fleurs riantes, dans l'ombre profonde de la haie. Mélito s'approcha doucement.
Là, appuyée contre une stèle où étaient gravées des prières au dieu Patrim, une jeune fille jouait de la flûte. Ses cheveux blonds, soulevés par le vent, s'étalaient sur la pierre de la stèle ; ses pieds nus se perdaient dans l'herbe sombre ; ses grands yeux gris restaient fixés sur le mouvement léger de ses doigts. Elle bougea une dernière fois la main sur son instrument, exécutant les dernières notes de son morceau : la flûte émit une ultime plainte, pendant que la flûtiste resserrait les épaules, fermait les yeux - et une larme roula de sa paupière jusque sur ses lèvres.
Ce ne fut que quand elle rouvrit les yeux et posa son instrument dans un soupir qu'elle aperçut subitement Mélito.

# Posté le jeudi 17 avril 2008 07:09

Modifié le dimanche 16 août 2009 08:10