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Chapitre 3
L'aventurier

- Non, je ne sais pas où cet enfant habite, disait Mélito à l'inconnu tout en marchant dans les rues, ses seaux pleins d'eau à bout de bras pendant que l'étranger portait le petit garçon inanimé. Il va bien ?
- Il n'a rien, répondit le grand homme brun. Il est juste un peu sonné.
Mélito lui jeta un regard en coin. Après le départ de Nareliedh, cet étranger était la deuxième sensation de la matinée. Qui aurait pu croire que ce trentenaire au visage rectangulaire, avec ses petits yeux vifs et sa barbe de trois jours, vêtu d'un long manteau sombre aux larges poches, portant un bâton bizarrement sculpté et au sommet enveloppé dans un chiffon délavé, à la tête couverte d'une sorte de béret mou, à la mode des peuples du nord, était capable de repousser les goules ? C'était bien la première fois, d'ailleurs, que Mélito voyait ces créatures chassées par autre chose qu'un cristal protecteur. A propos de cristal, l'étranger ne semblait même pas en porter.
- Où va-t-on ? demanda l'homme.
- Je vous amène à l'auberge près d'ici, Chaga saura peut-être qui sont les parents du garçon.
- Chaga ? C'est ta mère ?
- Non, non, c'est une amie de mon maître... De mon ancien maître. Je n'ai pas de parents. C'est l'aubergiste, l'oncle de Chaga, qui me loge en attendant que je trouve un nouvel emploi.
- D'accord... Et tu te nommes ?
- Mélito. Et vous ?
- Je m'appelle Hagnor, Hagnor de la Nouvelle-Mykel, répondit l'étranger avec un sourire.
Quand Mélito et Hagnor entrèrent dans l'auberge avec le petit garçon inconscient, la surprise frappa même les ivrognes qui somnolaient au comptoir ; le garçon et l'étranger racontèrent vite ce qui s'était passé et, pendant que Chaga courait chercher la famille du garçon, on fit fête au providentiel arrivant, au héros repousseur de goules, au noble sauveur des enfants du pays ; la nouvelle circula aussitôt dans tout le quartier et les curieux accoururent en masse ; on lui offrit un grand verre de liqueur brune, et de la meilleure qualité, on le fit asseoir à une table, on se groupa autour de lui, on lui posait des questions dont on écoutait les réponses avec respect et admiration, religieusement.
- Mais comment, messire Hagnor (l'étranger sourit en entendant ce titre pompeux) avez-vous fait pour repousser les goules ?
Le grand homme brun dit d'un air mystérieux :
- Il existe... un ensemble de techniques que seuls peuvent pratiquer les initiés aux cultes demgaris... On les acquiert après un long entraînement et des exercices très difficiles et éprouvants... Mais pardonnez-moi, messieurs (il adressa un cordial signe de tête aux hommes de la compagnie), mesdames (il leur envoya un sourire resplendissant de charme, et certaines rougirent ou gloussèrent de plaisir), je ne peux vous en dire plus, car cela est réservé aux initiés.
- Mais pourquoi vous êtes en voyaze monzieur ? zézaya un enfant à côté de Mélito. Z'est danzereux en zette saison.
L'étranger répondit lentement, détachant tous les mots comme s'il alignait un par un une série de gâteaux épicés, tous plus piquants et savoureux les uns que les autres :
- C'est mon métier, car je suis un aventurier. Je parcours le monde au service de personnes de haut rang de tous les pays, ou de toute personne qui réclame mon aide... surtout au service de belles et douces dames comme celles qui sont autour de cette table.
Les femmes présentes furent immédiatement conquises ; les hommes - tout en s'inquiétant du comportement de leurs épouses - déclarèrent qu'Hagnor était un chic type ; Mélito, lui, buvait les paroles de l'étranger, ouvrait grand les yeux comme s'il était en train de contempler les personnes de haut rang ou les belles et douces dames de tous les pays, et rêvait d'aventure.

# Posté le vendredi 01 février 2008 05:51

Modifié le dimanche 16 août 2009 08:06

3-2

L'étranger savait parler de tout, tout transformer en une histoire passionnante ; il ne voulut rien dire de plus sur lui-même, mais il évoqua tous les pays des deux continents, la brillante époque des Quatre Royaumes bénis des Dieux Patrim, Falgor, Tripasso et Deleto, avant que les Envahisseurs ne surgissent nul ne savait d'où, en même temps que les goules. Hagnor disait avoir fréquenté tous les peuples, parcouru toutes les terres, visité tous les pays du monde connu, "et je me vante à peine", rajoutait-il en riant.
- Alors, dit tout à coup Mélito, vous connaissez Sebalith ?
Le silence se fit soudain dans l'assemblée. Hagnor s'était levé d'un bond.
- Comment connais-tu ce nom, jeune homme ? lâcha-t-il sans plus rire ni sourire, fixant le garçon de ses yeux perçants.
- Je l'ai entendu ce matin, bafouilla Mélito. C'est une femme... Une femme en rouge qui est venue chez mon maître et...
- Et comment s'appelle ton maître ? l'interrompit brusquement Hagnor.
- C'est l'orfèvre Nareliedh... Mais il est parti avec elle, ça a été un choc d'ailleurs, je ne m'y attendais pas du tout...
Hagnor se rassit, marmonnant entre ses dents des mots que personne dans l'assemblée ne put distinguer clairement.
Puis il soupira, redressa la tête, rasséréné, et dit :
- Sebalith est le nom que les Mages, les Envahisseurs donnent à leur cité, au bord de l'Océan Inexploré, au beau milieu de l'Ancien Royaume. C'est la ville que nous nommons Cheeberyo, la Ville Maudite, qui est perpétuellement harcelée par les goules. Là-bas, les cristaux protecteurs sont presque impuissants face au nombre de ces créatures. C'est d'ailleurs cela et cela seul qui empêche les Mages de conquérir entièrement les terres du Nord.
- Ca ne m'étonne pas, ces goules, dit un homme dans l'assemblée. C'est un châtiment du ciel. Les Envahisseurs sont des sorciers cruels et sans pitié, et ils ont détruit le grand temple du dieu Deleto en rasant Mykel, la capitale de l'Ancien Royaume. C'est la colère du Dieu Rouge qui a lâché sur eux les goules.
- Cela, murmura Hagnor, seuls les dieux le savent.
Dès que l'on eut retrouvé les parents du petit garçon et qu'on se fut assuré que celui-ci n'avait rien, la foule de curieux finit par se disperser, au grand dam de l'aubergiste, désespéré de voir s'en aller tous ces clients potentiels ; seul le sieur Hagnor resta louer une chambre à l'auberge et, dans sa générosité de grand seigneur, il paya également celle de Mélito, avec qui il avait sympathisé. L'aubergiste et Chaga filèrent s'occuper des chambres, pendant qu'Hagnor ramassait son sac, son manteau, son bâton et enfilait son béret.

# Posté le mercredi 06 février 2008 04:39

Modifié le dimanche 16 août 2009 08:07

3-3

- Au fait, demanda subitement Hagnor à Mélito, cette femme en rouge venue voir maître Nareliedh, à quoi ressemblait-elle ?
- Brune... Plutôt d'âge mûr... Bien habillée, euh... Je l'ai pas vraiment observée mais...
- C'est bien elle.
Hagnor passa la main sur son front, l'air soucieux.
- Ton maître t'a-t-il dit où ils allaient ? reprit-il.
- Non, répondit le garçon. Mais il a fait allusion à Sewar et... Attendez, il m'a confié quelque chose...
Le jeune garçon plongea la main dans sa poche et en sortit l'enveloppe trouvée dans le coffre de Nareliedh, qu'il n'avait toujours pas ouverte. Il montra à l'étranger ce petit sachet de papier bosselé, le déchira pour l'ouvrir et renversa le contenu sur une table. Une feuille de papier jauni, pliée en quatre, en glissa aussitôt, et deux autres objets roulèrent sur la table, de la taille et de la forme de cristaux protecteurs. Mais ce n'étaient pas des cristaux. C'étaient deux chaînettes de métal aux reflets d'argent, au bout desquelles pendaient, étincelant, à la lueur blafarde du jour, de mille lueurs multicolores, comme deux éclats de lumière arrachés à la terre, un rubis et une émeraude.
Hagnor poussa un long sifflement d'admiration.
- Et qu'est-ce que c'est ? interrogea-t-il.
- Je ne sais pas vraiment. Je crois que mon maître me les a donnés, mais il n'a pas parlé clairement, pour éviter que la femme en rouge comprenne.
Mais le grand homme brun se désintéressait des joyaux et dépliait vivement le papier contenu dans l'enveloppe, découvrant quelques lignes de signes étranges, que Mélito ne reconnut pas.
- L'alphabet du Continent Austral, expliqua Hagnor. D'où venait donc ton maître ? Il n'était pas d'ici ?
- Non, confirma le garçon, mais je n'en sais pas plus.
- Et la langue... marmonna l'homme en se penchant sur le papier. Je m'en doutais... C'est de l'hemgo... Elle en a retrouvé un...
Hemgo. Voilà. L'orfèvre Nareliedh devait être un réfugié Hemgo., qui avait sûrement dû fuir son pays à la suite de l'invasion des Parales. C'était pour cela que la femme en rouge l'avait appelé "homme de la côte". Avant sa destruction, le Royaume Hemgo jouxtait la mer, comme Mélito avait pu le voir sur d'anciennes cartes.
- Et qu'est-ce que ça veut dire ? demanda l'adolescent.
- Je traduis, attends un peu...
Et il lut, avec beaucoup de pauses, se penchant sur le papier et hésitant sur la traduction à maintes reprises, jusqu'à ce qu'il obtienne à peu près ce sens :

"Qui que vous soyez, si vous lisez cette lettre, c'est que la Mage Yaël-Qin m'a retrouvé. Je m'étais installé dans la gueule du loup elle-même, à Cheeberyo, la ville des Envahisseurs, quand j'ai fui notre pays, pensant naïvement que personne n'aurait l'idée de venir m'y chercher. Mais ma passion du jeu a failli me perdre et, si vous lisez cette lettre, alors oui, à présent, c'est à cause d'elle que j'ai trahi mon secret...
A l'époque, quand j'ai fui la Ville Maudite, j'ai volé aux Mages ces deux joyaux chargés de sorcellerie, pour qu'ils ne puissent pas s'en servir pour localiser le Jardin. Je vous les donne, à vous qui lisez cette lettre. Dites aux Forestiers que je ferai de mon mieux pour protéger ce qui a été caché dans le Jardin aux Fleurs Pourpres."


Mélito lança à Hagnor un regard perplexe. Il ne discernait pas le sens de cette lettre, pleine d'allusions obscures et d'énigmes. Mais il avait saisi une chose, cependant. La femme en rouge, celle qui avait surgi ce matin dans l'atelier du maître, la femme à qui lui-même, Mélito, avait ouvert la porte, était l'une des Envahisseurs, une complice de la Mage, peut-être même cette même Mage Yaël-Qin dont parlait la lettre. L'orfèvre Nareliedh était tombé entre les griffes d'une sorcière de Cheeberyo.
Mais il y avait tant de choses que le garçon n'arrivait pas à comprendre... Pourquoi Nareliedh avait-il suivi si docilement cette sorcière, pourquoi ne s'était-il pas défendu, n'avait-il pas lutté ? Quel était ce Jardin que la lettre mentionnait ? A quoi ces pierres précieuses servaient-elles ou encore que venaient faire les Forestiers dans cette histoire ? "Forestiers", Mélito le savait, était le nom donné aux hommes qui, contrairement aux peuples du sud, ne vivaient pas dans des villes ou des villages, mais au sein même de la Grande Sylve, se construisant des maisons dans les arbres et s'organisaient en tribus de chasseurs. Quel rapport avaient-ils avec la disparition de l'orfèvre Nareliedh ? Toute cette histoire semblait très compliquée, pleine d'impasses et de détours comme un labyrinthe, et l'adolescent avait bien peur d'être en train de s'y perdre.

# Posté le jeudi 07 février 2008 07:49

Modifié le dimanche 16 août 2009 08:07

3-4

3-4
Chaga parut soudain ; Hagnor, sans donner au garçon les explications qu'il brûlait d'entendre, lui rendit les joyaux et la lettre avant de monter dans sa chambre, et Mélito fourra le tout dans sa poche en essayant de ne plus y penser.
Peine perdue. Il y pensa toute la journée. Il y réfléchissait en mangeant, en guise de collation de midi, une galette de seigle et deux tranches de viande fumée. Il y songeait de deux à trois heures de l'après-midi, l'heure sacrée, en changeant l'encens au pied de l'autel d'Ishta dans le vestibule de l'auberge. Il se creusait la tête sur ce problème quand l'oncle de Chaga exigea son aide aux cuisines, parce que d'accord, l'étranger avait payé la chambre, mais pas la nourriture, et on n'allait pas nourrir une bouche inutile quand même ; le sujet occupait toujours son esprit quand la pâte que l'aubergiste lui avait recommandé de ne pas laisser trop longtemps au four faillit carboniser, ou encore quand il versa la moitié du pot de sel dans un seul plat de ragoût. Et il passa aussi toute la journée à jeter des coups d'oeil furtifs vers les couloirs, pour voir si Hagnor, qui semblait avoir la réponse à toutes ces énigmes, ne passait pas par hasard, si on ne pouvait pas l'arrêter, lui parler, l'interroger - savoir.
Cependant, excédé par l'incompétence cuilinaire de Mélito, l'aubergiste le renvoya dans sa chambre pour la soirée, où l'adolescent causerait sûrement moins de dégâts. Mélito resta toute la soirée seul dans cette petite chambre de bonne qu'on lui avait octroyée - Chaga vint seulement lui apporter à manger à l'heure du dîner. Couché sur un mauvais matelas étendu à même le sol, et qui lui parut bien dur après les lits de plume de maître Nareliedh, il laissa son esprit vagabonder à travers des images confuses de Mages perfides, des Forestiers armés d'arcs blancs comme on en voyait représentés dans les livres, et surtout du Jardin, de ce Jardin dont tous parlaient - la femme en rouge, Hagnor, la lettre de maître Nareliedh - que son imagination déclinait en parterres de tailles et de formes diverses, allant du potager d'une petite ferme au luxuriant parc exotique d'un palais des Royaumes du Sud.

Le lendemain, après s'être levé et avoir effectué les dévotions rituelles à Ishta et aux Dieux Universels - surtout à Tripasso, dieu du Levant, de l'Ordre, de la Clarté qui dissipe la nuit et résout les énigmes - Mélito, en descendant dans la salle commune, tomba sur Hagnor. L'aventurier, qui faisait son baluchon sur l'une des tables de l'auberge, remarqua aussitôt la présence du garçon et lui lança vivement, avec un sourire presque espiègle :
- Bonjour, jeune homme !
- Bonjour, répondit Mélito.
- Tu tombes bien, reprit Hagnor avec satisfaction. Ecoute... J'ai réfléchi un peu à cette histoire avec ton ancien maître, et j'en ai conclu que cette affaire te concernait aussi, vois-tu. Chaga, la nuit dernière, m'a expliqué ta situation... Tu cherches un emploi, non ? Et tu aimerais savoir pourquoi ton maître est parti, n'est-ce pas ?
- Bien sûr ! s'écria Mélito, dévoré de curiosité et d'excitation.
- Ca tombe bien, car je crois que mon chemin va suivre un moment le sien...Mais je t'en dirai plus plus tard. Voilà, je vais quitter la ville sur les traces de l'orfèvre Nareliedh, et je vais avoir besoin d'un employé, de quelqu'un qui s'occuperait du feu, des menues corvées, de gérer le quotidien, en bref. Tu ne feras pas la cuisine, je te rassure. Enfin, si tu n'as pas d'attaches dans cette ville, pars avec moi, je t'engage.
Mélito faillit en bondir de joie. Non, il n'avait pas d'attaches dans cette ville, pas depuis que Nareliedh en était parti. Et c'était une vie d'aventures qui s'offrait à lui ! Il allait pouvoir quitter cette existence morne dans cette ville à demi-morte ! Il allait visiter des contrées lointaines et fabuleuses, avec le fascinant Hagnor, ses missions secrètes, son courage héroïque, son air à la fois paternel et énigmatique.
Il ne lui fallut pas une heure pour accepter, rassembler ses quelques affaires personnelles - un peu d'argent, des vêtements, des provisions que lui offrit Chaga et un petit livre sur l'histoire des Quatre Royaumes - et pour faire ses adieux à l'aubergiste et à sa nièce. Celle-ci ne sembla pas surprise de ce départ soudain, mais tout de même un peu inquiète. Voyager en hiver pouvait être dangereux. En cette saison, si on devait s'arrêter pour dormir loin des villes et de leurs cristaux protecteurs, il fallait faire du feu, et la fumée révélait aux goules la présence d'êtres humains.
- Peu importe, dit Mélito. Moi j'ai envie de voyager, de voir comment c'est ailleurs.
- Oh, ailleurs, ce n'est sans doute pas mieux qu'ici, soupira Chaga.
L'aubergiste, lui, adressa au garçon nombre d'encouragements et de paroles censées être stimulantes, selon lesquelles il fallait dès le plus jeune âge prendre son avenir en mains, travailler dur pour se faire une place dans la vie, car la concurrence était rude et il n'y en aurait pas pour tout le monde, et tout cela était un début, même vagabonder sur les routes avec des étrangers, encore que messire Hagnor était un homme bien, lui, et qu'avec lui Mélito aurait des opportunités. L'aubergiste bombait le torse, très fier de ce mot d'"opportunités".
Enfin l'adolescent rejoignit son nouveau maître, et tous deux se mirent en route. Le ciel était moins bas, moins pesant que la veille, et un vent léger faisait se mouvoir lentement les nuages jusqu'à laisser voir, par intervalles, des pans de ciel bleu, vers le sud.
"Je ne sais pas si ailleurs est mieux qu'ici", pensa Mélito, "mais au moins, c'est ailleurs. C'est différent."
- A quoi penses-tu, mon garçon ? lui demanda Hagnor, alors que, marchant côte à côte, ils franchissaient la porte nord de Mid, et que le paysage, hors de la ville, s'étendait en collines brunes, vertes et grises.
- Au vaste monde, répondit Mélito.

# Posté le mercredi 20 février 2008 11:42

Modifié le samedi 22 août 2009 04:17

Pause : la religion du monde aux Quatre Lunes

Pause : la religion du monde aux Quatre Lunes
Le chiffre dominant sur le plan culturel et religieux de ce monde est le chiffre 4 : quatre lunes, quatre dieux, quatre royaumes... En réalité, chaque lune est, selon la légende le palais d'un des Dieux Universels.
Ces quatre dieux sont :
Patrim, le dieu Créateur, l'Ancien. C'est lui qui naquit avant toutes choses, avant même les autres dieux, et décida de créer des êtres extérieurs à lui-même. Il fit donc naître la matière, mais ne finit pas le travail, et la laissa sans vie et en désordre. Son point cardinal est le Sud, son emblème est une fleur de lotus. Il était particulièrement honoré dans le Royaume Hemgo.
Falgor, le Dieu-Roi, le Foudroyant. Né en deuxième, il donna vie à la matière du monde par l'éclair de ses yeux. Il maîtrise la foudre et a la royauté du monde ; mais c'est un roi distant, qui laisse gouverner les dieux et les démons mineurs. Son point cardinal est le Nord, ses emblèmes sont la foudre, les chevaux et la couronne. Il est le dieu tutélaire du Royaume Qib.
Tripasso, le Maître de l'Aube. Reprenant le travail des deux précédents dieux, il organisa et ordonna le monde, établissant l'équilibre entre chaque chose, préservant l'humanité face aux bêtes et aux maladies. C'est aussi un dieu guérisseur. Il est à l'époque de cette histoire le plus honoré des Dieux Majeurs. Son point cardinal est l'Est, son emblème l'oiseau Umbo (un oiseau blanc à grandes ailes et à long cou). Son culte est très développé au Royaume Quared.
Deleto, le Dieu Rouge. C'est le dieu dont la légende est la plus complète. Né à l'Occident du monde, dans les Monts Rouges, de l'éclat du soleil couchant, il représente la guerre, l'embrasement et la destruction. A la fin des temps, il viendra consumer le monde. Cependant, son existence est nécessaire et même bénéfique car cette destruction permettra la re-création de l'univers et la reprise du cycle de vie. Son point cardinal est l'Ouest, ses emblèmes le crâne et l'épée. Son grand temple se situait à Mykel, dans l'Ancien Royaume, mais à la prise de la ville par les Envahisseurs, ce temple a été détruit. Un lieu de culte moins imposant est en cours d'édification à la Nouvelle-Mykel.

# Posté le lundi 25 février 2008 03:46

Modifié le dimanche 02 mars 2008 05:21