15-1


Chapitre 15
Qui ment ?

Xam bondit, épées dégainées, vers ces orbes d'éclair qui menaçaient Hagnor ; elle ne comprenait pas de quoi il s'agissait, pourtant elle l'affrontait tête baissée. De sa lame, elle fendit en deux l'un des globes, qui, dans un nuage de fumée lumineux, disparut avec une détonation. Mais d'autres surgirent aussitôt du signe magique pour le remplacer... L'épéiste s'élança, virevolta, balançant ses épées brillantes comme des miroirs entre les sphères ardentes, réussit à en détruire une deuxième et à en repousser une troisième, puis poussa soudain un cri. Elle lâcha ses épées : au contact des globes de foudre, le métal était devenu brûlant.
Deux sphères se précipitèrent alors sur Hagnor. L'aventurier les évita grâce à un réflexe salvateur. Elles allèrent s'écraser contre le mur d'en face, où elles implosèrent, laissant sur la pierre des traces noircies. Hagnor brandit son bâton sculpté, ouvrit la bouche... Quatre autres se reformèrent et filèrent sur lui... Qu'attendait-il donc pour fuir ? Mélito les vit s'approcher à toute vitesse et, sans réfléchir, il s'interposa et cria, comme si c'était des êtres humains qu'il affrontait :
– Vous ne le toucherez pas !
Les sphères firent un détour pour éviter le garçon : leur cible était Hagnor, c'était lui et lui seul que le sort visait.
– Imbécile ! s'écria le Demgari en attrapant son valet par l'épaule. Tout ce que tu vas faire, c'est me gêner encore plus !
Il le repoussa violemment ; Mélito fut précipité contre Toki. Alors Hagnor leva très haut son bâton couvert d'étranges gravures et hurla à pleins poumons :
– KENAN DARSINKAOR, OURANIEN, TORGELIEN AMINOÏ AZERADH !
Mélito ne comprit absolument pas ce qui se passa ensuite. Tout ce qu'il vit, ce fut, se déversant par l'ouverture du toit, s'infiltrant à travers les murs, une nuée de goules qui voltigèrent dans un tourbillon de corps translucides et difformes. Un millier de mains, de pattes, de griffes incorporelles se tendirent vers les globes de foudre, s'y accrochèrent avec des soubresauts, tentèrent de les détruire, dans une lutte surnaturelle entre éclair et brume. Et ces deux forces se déchaînaient dans un maelström dont Hagnor, clamant toujours ses incantations, occupait le centre.
Mélito, terrifié par cette invasion et croyant que cela faisait partie du piège, voulut sortir de sa poche son rubis protecteur, mais un cri perçant l'arrêta.
Toki, derrière lui, était parcouru de tremblements. Ses yeux sortaient presque de leurs orbites, sa bouche s'ouvrait à s'en déchirer les lèvres, son corps se cabrait, en proie à de violentes convulsions, prêt à se tordre et à se briser, et à tomber à terre, rompu en deux.
– Toki ! s'exclama Mélito, Toki, qu'est-ce qui se passe ?
Lui ne put qu'émettre un son désarticulé. Il résista encore quelques instants, mais ce n'était qu'un fétu de paille emporté dans ce tourbillon de goules et de foudre. Alors, les traits horriblement crispés, le front couvert de sueur, il tendit mécaniquement le bras vers les trois cercles magiques qui suscitaient les sphères meurtrières. Et celui-ci éclata de l'intérieur, se décomposant dans un nuage argenté.
Toki perdit connaissance et s'écroula comme une masse. Tout autour des deux garçons, les globes de foudre se détruisaient les uns après les autres dans des détonations fulgurantes. Bientôt tous furent désintégrés ; le nuage de goules qui enveloppait Hagnor se dissipa à son tour, chaque Ourane, libéré, regagnant les hauteurs. Tout se calmait, se figeait autour d'Hagnor et de son bâton, de Xam et ses brûlures aux mains et de Mélito qui soutenait Toki affalé contre un mur.
Le jeune homme, les cheveux collés au front par la sueur, haletait, presque suffoquant ; il finit par retrouver une respiration normale, et ouvrit les paupières. Là, avec un faible sourire qui paraissait se moquer de lui-même, il murmura :
– J'ai... cédé...
Et il s'évanouit de nouveau.

# Posté le mercredi 03 juin 2009 09:05

Modifié le mercredi 19 août 2009 05:08

15-2

Toki dormit d'un sommeil de plomb tout le reste de la journée. Mélito le veilla sans relâche. Il était mort d'inquiétude pour son ami ; jamais il n'avait assisté à une crise telle que Toki en avait traversée. Qu'est-ce qui lui était arrivé ? Les goules – les Ouranes, pardon – avaient-ils attaqué son esprit ? Mais il avait parlé, tout à l'heure. Même si Mélito n'avait pas compris ses paroles, ce n'étaient pas les délires des victimes des goules. Peut-être ces convulsions étaient-elles une réaction due à l'angoisse, une forme de crise de nerfs ou encore de l'épilepsie. Impossible de le savoir.
En vérité, durant cet épisode, il s'était passé des choses beaucoup plus étranges. Les sphères de foudre, Mélito l'avait compris, avaient été suscitées par un sort de la Mage Yaël-Qin. Elle avait dû prévoir qu'Hagnor fouillerait la maison et lui avait tendu un piège. Mais quand l'aventurier avait prononcé ses incantations, pourquoi les goules s'étaient-elles précipitées dans les ruines ? Normalement, les paroles d' Hagnor étaient censées les repousser ! Plus étrange encore, les Ouranes – Mélito commençait à s'habituer à ce mot – n'avaient attaqué aucun humain. Au contraire, ils avaient pris leur défense en affrontant les orbes magiques !
C'était proprement incompréhensible.
Si encore il n'y avait eu que cette énigme-là... Mais Mélito ne s'expliquait non plus le geste de Toki, au beau milieu de sa crise. Il revoyait sans cesse la scène dans sa tête : le garçon tendant le bras, tout droit vers le signe magique, et les trois cercles implosant, puis tous les globes de foudre... À chaque fois que cette image réapparaissait dans son esprit, Mélito fronçait les sourcils. Toki avait détruit le sort de Yaël-Qin. C'était donc qu'il avait, lui aussi, des sortes de pouvoirs... Or quel autre pouvoir que la magie pouvait détruire la magie ? Et le garçon brun frissonnait. Il observait son ami qui, étendu de tout son long sur son lit, dormait à plat dos, respirant paisiblement. Ce garçon d'apparence si calme, se pouvait-il qu'il soit un Mage ?
Toutes les certitudes de Mélito menaçaient, les unes après les autres, de s'écrouler.
Toki ne se réveilla que le lendemain, en début d'après-midi. Dehors, les prêtres s'agitaient pour organiser la cérémonie de la Veillée aux Flambeaux prévue le soir même. On plantait des piquets soutenant des torches dans le sol, on ménageait des sièges et des estrades pour les officiants. Des statuettes de Patrim accroupi, les yeux mi-clos, tenant le globe terrestre dans une main et un nénuphar dans l'autre, furent dressées à chaque carrefour. Les passants leur adressaient des signes de tête ou s'arrêtaient pour prier le dieu. La ville embaumait l'encens.
Toki se réveilla, donc, et trouva Mélito à son chevet. Le garçon brun n'avait pas pu dormir de la nuit ; ses yeux étaient cernés de violet. Il dodelinait de la tête, épuisé, et aurait bien aimé faire un somme, mais il ne trouvait pas le calme nécessaire au sommeil. Quand son ami ouvrit les yeux, l'adolescent se secoua tant bien que mal et demanda :
– Ça va ?
– C'est à toi qu'il faudrait poser cette question, répondit Toki.
Il se redressa, assis dans son lit, et étendit les bras lentement, précautionneusement, comme si son corps était un objet précieux dont il fallait vérifier l'état. Puis il s'étira avec tout autant d'attention. Il souriait. Il semblait avoir retrouvé la forme.
Mélito considéra quelques instants ce jeune homme si tranquille au sourire immuable, alors que lui bouillonnait de questions, de doutes, d'incompréhension et d'angoisse. Et les mots qui lui brûlaient les lèvres sortirent spontanément de sa bouche :
– Qu'est-ce qui s'est passé, Toki ? Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
Pour une fois, le sourire du garçon blond s'effaça. Il baissa un instant les yeux, poussa un soupir et détourna la tête.
– Je ne peux pas te le dire.
Mélito en resta muet de surprise. Puis, se forçant à parler, il lança comme un cri de révolte :
– Pourquoi ?
Toki, qui le regardait à présent, passa la main dans ses cheveux blonds avec un petit rire :
– Eh bien, parmi tous les hommes que j'ai rencontrés, je ne connais vraiment que toi... Je n'ai pas un seul ami, juste toi.
Il se tut, laissant Mélito s'ingénier à comprendre le rapport entre sa question et cette réponse. Est-ce qu'expliquer ce qui lui était arrivé allait briser leur amitié ? Ce ne pouvait pas être un secret affreux à ce point. À moins que... Et là Mélito ne put se retenir et s'exclama, d'un ton presque suppliant, angoissé par l'idée qu'il ne réponde pas, terrifié par celle qu'il réponde oui :
– Est-ce que tu es un Mage ?
– Non, dit Toki.
Mais il avait tourné à nouveau la tête, et Mélito n'avait pas pu déterminer s'il avait l'air sincère ou pas.

# Posté le mercredi 24 juin 2009 04:46

Modifié le mercredi 19 août 2009 05:08

15-3

Le garçon blond sortit de son lit et enfila son chapeau de paille, sous l'oeil désemparé de son ami. Sur le pas de la porte, il se retourna et déclara :
– Pardonne-moi de t'en dire aussi peu. Tout ce que je peux te dire, c'est que cet homme, ton maître, comme tu l'appelles... Il ne dit pas toute la vérité. Je suis même sûr qu'il te ment.
Et il sortit sans attendre.
Mélito resta figé sur sa chaise. Un mensonge ? Comment, sur quoi ? N'aurait-il, cette fois encore, aucune explication ? Sans compter qu'avec cette histoire, il avait totalement oublié de parler de Xam à Hagnor. L'occasion était passée. Elle ne se représenterait plus.
La Veillée aux Flambeaux eut lieu dans la soirée. Sur les places de la ville que des torches, disposaient en cercle, éclairaient d'une lumière diffuse et chaleureuse, les prêtres vinrent monter sur les estrades et lancèrent l'appel solennel : Gadimna sar sar sar odizz, « Venez, venez, venez célébrer l'Heure Sacrée. » Les citadins de Gaxo sortirent de leurs maisons, bougies à la main, et vinrent déposer ces cierges au pied des statues de Patrim présentes à chaque coin de rue. Puis ils s'assemblèrent autour de leurs prêtres ; les enfants, les femmes enceintes, les infirmes et les vieilles gens s'assirent, tandis que les autres restaient debout. Un religieux, sur chaque estrade de chaque place de la ville, récita les paroles consacrées et invita les spectateurs à se lever et à venir réciter des poèmes ou dire des contes en l'honneur des deux dieux.
Peu de simples citoyens se levèrent, par timidité ou incapacité peut-être, mais des conteurs professionnels qui se trouvaient dans l'assistance livrèrent gratuitement leurs histoires au public. Dès que l'un finissait son récit, les prêtres et les spectateurs entonnaient des chants religieux ; puis on recommençait, jusqu'à ce qu'arrive l'Heure Sacrée, la plus noire de la nuit, où Patrim, disait-on, avait donné vie au néant.
Les contes en l'honneur de Tripasso furent presque plus nombreux que ceux pour le Créateur ; bien que ce soit la Fête de la Création, le dieu Ordonnateur était la divinité tutélaire du Royaume Quared. On narra donc comment la ruse de Tripasso permit de repousser les démons hors des frontières du monde, comment il conçut l'oiseau Umbo à partir d'un reflet d'arc-en-ciel, comment il tomba amoureux de Rejala quand il la surprit sur une plage en train de peigner ses cheveux couleur de vagues ; et on récita l'histoire, connue entre toutes, de la dispute des deux héros, Jalmar, le fils de Deleto, et Aralim, le fils de Tripasso.
Mélito se serait bien joint à la cérémonie mais il ne parlait pas quared. Il se sentait aussi obligé de rester aux côtés d'Hagnor. Celui-ci, assis au milieu des cabanons où ils logeaient, préparait le repas du soir avec une certaine mauvaise humeur. Il tendit ensuite la nourriture à Mélito qui servit tout le monde et, une fois son assiette remplie, déclara :
– Nous repartons demain.
Xam acquiesça en silence – elle avait la bouche pleine.
– J'ai bien réfléchi, lança soudain l'aventurier. Je pense que nous devons changer d'objectif.
– Ah bon ? demanda l'épéiste.
– Oui. Même si le Conseil de la Nouvelle-Mykel m'a seulement ordonné d'arrêter la Mage, il me semble qu'il faut aller plus loin. Si l'on se contente de stopper Yaël-Qin, les Envahisseurs enverront un autre de leurs sorciers en quête du Jardin. Il faut éliminer le problème à sa source.
Il fit une pause, le temps d'avaler une bouchée de nourriture, et proclama :
– Quand nous aurons rattrapé Yaël-Qin, nous lui prendrons les branches de la clé qu'elle possède. Nous irons ensuite chez chacun des porteurs, dont nous avons la liste. De gré ou de force, nous leur soustrairons les autres fragments. Nous trouverons le Jardin aux Fleurs Pourpres et nous détruirons l'objet qui y est caché.
Sans savoir exactement pourquoi, Mélito eut un frisson.

# Posté le vendredi 03 juillet 2009 08:09

Modifié le mercredi 19 août 2009 05:08

15-4

Après manger, il s'éloigna lentement des gîtes et marcha vers l'un des lieux où se déroulait la Veillée. Il tendit l'oreille un moment au mélange des voix des officiants, aux hymnes solennels qu'ils entonnaient en mêlant voix de basses et de sopranos. La musique, à la fois douce et grave, roulait et murmurait comme le bruissement d'une eau profonde. Par instants, les trilles des doubles flûtes, un instrument typiquement quared – deux tuyaux de bois percés de quatre trous, reliés par le haut à un seul bec, et dont on jouait des deux mains – s'envolaient au-dessus des roulements sourds des tambourins et de la pureté des voix, pour gazouiller de joie comme un oiseau au retour du printemps, pour dire l'allégresse du monde prêt à renaître.
Mais dans le coeur de Mélito, c'était toujours l'hiver. Le doute s'y était installé partout. Il ne savait plus quoi penser d'Hagnor, il ne savait plus quoi penser de Toki. Lui qui avait toujours cru que le mal était du côté des Mages et des goules, et le bien du côté des peuples libres dont Hagnor et lui-même faisaient partie, voilà qu'il hésitait, voilà que devant ses yeux tout se confondait ; il revoyait la Mage emprisonnée qu'il aurait voulu délivrer, les Ouranes qui les avaient protégés ; les pleurs de Xam coulaient dans sa mémoire, le discours de haine et de mépris d'Hagnor y retentissait ; tout se brouillait. Mélito sombrait et dérivait dans cette incertitude comme un débris sur une mer en furie.
Sur la place de Gaxo, la cérémonie se déroulait toujours, si pure, une vraie ode à la vie et à la paix, en ce monde pris dans la tourmente. Alors Mélito, qui n'osait pas mêler sa voix à ces chants, se contenta de prier dans le fond de son coeur :
– Patrim, grand Créateur, et Tripasso, dieu du Soleil Levant, dites-moi où est le bien et où est le mal, et qu'est-ce que je dois faire !
Mais si les dieux exaucent les voeux, ce n'est jamais à l'instant même où ils sont formulés. Mélito retourna se coucher, le coeur plein d'angoisse.
Le lendemain eut lieu la Fête des Fleurs.
L'espace d'un jour, on oublia tous les malheurs de ce monde, les goules qu'aucune célébration n'aurait fait disparaître, les Envahisseurs dont les vaisseaux hantaient la mer Quared. Les draps noirs disparurent des portes et des fenêtres de la ville ; à leur place fleurirent des pots de primevères, de fleurs-du-premier-jour, des bouquets de pâquerettes ou des bacs de violettes et de pensées aux couleurs intenses. La végétation elle-même se joignait à la fête : les pruniers, les pommiers se couvrirent de pétales immaculés, tous les arbres bourgeonnèrent, et les collines qui entouraient Gaxo se chamarrèrent de vert pâle, de blanc, de rose. Le monde de tous côtés s'épanouissait en corolles.
Ce jour-là, Hagnor, Xam, Mélito et Toki reprirent leur voyage.
Ils traversèrent des villages en fête. Les marchés avaient rouvert ; on vendait des flots de liqueur et des myriades de pâtisseries, si bien que les commerçants refaisaient en une journée le bénéfice perdu lors des Jours Sombres. Des bals étaient organisés un peu partout : plusieurs fois les voyageurs durent se frayer un chemin au milieu d'une foule qui dansait dans les rues, à la musique de flûtes vibrantes et de violes joyeuses. Des gens aisés avaient installé leurs tables directement dans la rue et invitaient les passants à festoyer avec eux. Ils se faisaient ainsi une réputation de bienfaiteurs qui pourrait toujours leur servir par la suite... Des enfants couraient partout, chipant des gâteaux aux épices dans ces banquets publics ou se poursuivant pour se jeter des pétales de fleurs. Mais les voyageurs n'avaient pas le temps de profiter de la liesse générale. Il fallait, encore une fois, chevaucher tout droit sans s'arrêter. On ne faisait que les pauses nécessaires au repos des montures.
Pour éviter les nouveaux pièges, Hagnor avait envoyé Mélito et Toki en éclaireurs. Ils devaient repérer les signes magiques qu'aurait pu laisser Yaël-Qin et les signaler à l'aventurier pour qu'on fasse un détour. Le matin, ils en trouvèrent deux : un tracé sur une stèle au bord de la route, l'autre gravé dans le bois d'un pont. C'était assez facile de les reconnaître, car ils représentaient toujours trois cercles entrecroisés, la marque des Mages. Aucun piège ne se déclencha : il devait falloir qu'Hagnor les touche ou passe assez près d'eux. De toute évidence, c'était bien le Demgari que Yaël-Qin voulait éliminer. L'après-midi, ils n'en virent plus, soit que la Mage ait pensé que les précédents suffiraient, soit qu'elle ait pris un autre chemin. Peu importait, puisqu'on savait que sa destination était Xilim.
Le soir, ils dormirent à la belle étoile. Ils repartirent le lendemain dès l'aube. Vers la mi-journée, ils atteignirent le grand fleuve Fidiar. Mélito avait déjà pu voir ce cours d'eau plus près de sa source, là où il n'était en somme qu'une grande rivière. Mais là, au coeur du Royaume Quared du Nord, le fleuve, grossi par de nombreux affluents avait doublé de taille ; quand le garçon, sur un bord, regardait l'autre rive, il n'en voyait que les pentes de la vallée, de minuscules maisons et des taches mouvantes plus petites encore qui, supposait-il, devaient être des pêcheurs, des bateliers ou des lavandières descendant au fleuve. Le cours d'eau était un vaste miroir d'eaux vertes, où voguait par endroits un canot, et qui scintillait dès que le soleil se découvrait entre deux nuages. Il serpentait entre deux collines foisonnant de peupliers au feuillage orangé, de pommiers blancs, des taches vert sombre des sapins, et d'arbres retardataires aux branches noires couvertes de bourgeons. Des oiseaux d'eau survolaient en ligne les flots étincelants, s'arrêtaient un instant pour se reposer sur le faîte d'un saule, puis reprenaient leur envol. Il y avait des goules aussi, mais elles étaient loin, haut dans le ciel, et on pouvait ne pas y penser. Et le large cours d'argent coulait doucement vers le sud – vers la capitale du Royaume, Xilim aux mille tours.
Les voyageurs prirent la route qui longeait le fleuve et chevauchèrent aussi vite que possible. En trois jours ils étaient à Xilim.

# Posté le vendredi 03 juillet 2009 08:45

Modifié le mercredi 19 août 2009 05:09

Hors-Sujet

La méchante Zou m'a taguée ! Ha la traîtresse, j'ai plein de peinture partout maintenant ! (Ok, cette blague est nulle, j'avoue...)

7 choses sur moi :

- Mes sandales
- Mon jean
- Mon T-shirt
- Ma veste
- Mes lunettes
- Mes cheveux
- ... Ben quoi ? Pourquoi vous me regardez comme ça ?

7 choses que j'aime

- Le thé vert Sakura
- Le thé noir Assam Napuk
- Le go
- Mon Gaffiot (dico de latin)
- Un bon livre de poésies latines
- Mon cher et tendre
- Jouer au go avec mon cher et tendre, une tasse de thé vert Sakura à la main, une tasse de thé noir Assam dans l'autre, tout en écrivant une traduction du livre de poésies latines que j'aurais à la main, grâce à mon Gaffiot que je tiendrais dans mes doigts. Problème : ce rêve de bonheur nécessite cinq-six mains environ. Las ! la félicité m'est inaccessible !

7 choses que je déteste
- Les histoires avec un prologue décrivant une course-poursuite
- Les filles qui parlent de sexe tout le temps (le mystère fait partie de la sensualité, que diable !)
- Les cours de fac sans contenu
- Les magasins de vêtements
- Qu'on rigole dans la rue quand je passe à côté
- Qu'on me dise de me taire
- Qu'on ne comprenne pas que J'ai toujours raison puisque je suis l'incarnation de la sagesse, de la lucidité et de la raison même... Non ? Comment ça, non ?


7 choses que je dis souvent
- Réfléchis, Claire...
- My god !
- Les gens !
- La vie est mal faite...
- Non seulement... mais encore, mais surtout, c'est surtout que, mais aussi
- Bon ben bon bref
- Maïtané !

Qui je tague :
Ben les murs, non ?

# Posté le dimanche 12 juillet 2009 13:51