Intro

Intro
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Le Jardin aux Fleurs Pourpres

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Demande-moi "Qu'es-tu ?", je peux mal te répondre ;
Demande "Qui es-tu", je ne peux te répondre.

Chapitre 1
Une partie de jeu du territoire => page 1

Chapitre 2
Le puits => page 2

Chapitre 3
L'aventurier => page 3

Chapitre 4
Le premier rêve => page 4

Chapitre 5
Un serment dans les ténèbres => page 5

Chapitre 6
La mission d'Hagnor => page 6

Chapitre 7
Un vieil ami => page 7

Chapitre 8
Divergences d'opinion => page 8

Chapitre 9
Imprévus => page 10

Chapitre 10
La prison à ciel ouvert => page 11

Chapitre 11
Le deuxième rêve => page 12

Chapitre 12
Deham le Maître Forgeron => page 13

Chapitre 13
A la frontière => p.14

Chapitre 14

Une pause de réflexion => p.15

Chapitre 15
Qui ment ? => p.17

Chapitre 16
Passivité => p.18

Chapitre 17
En quête d'un navire => p. 18

Chapitre 18
Le capitaine du Fend-les-Flots => p.19

Chapitre 19
Le troisième rêve => p.20

Chapitre 20

Une vérité => p.22

Chapitre 21

Des ombres => p.22

Petits liens offerts par l'auteur :

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TOUT COMPTE SKYROCK LAISSANT UNE PUB INDESIRABLE SUR CE BLOG SERA CLASSE DANS MA LISTE NOIRE.

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PS :
Je veux publier un jour ce texte sur du vrai papier avec même une vraie couverture ! Je ne compte pas faire fi de mes lecteurs et écrire uniquement mon trip sans me soucier de la qualité de l'ouvrage... Aussi, si vous espérez un jour tenir Le Jardin aux Fleurs pourpres dans vos mains, ou si vous voulez simplement m'aider, merci de poster vos impressions, vos réactions, vos critiques (et n'y allez pas de main-morte). Si un passage vous déplaît, si vous le trouvez ennuyeux ou mal écrit, signalez-le. Si un personnage vous semble avoir une attitude excessive ou illogique, dites-le. Relevez tout ce qui selon vous ne va pas. Je prendrai en compte toutes les remarques, même si je ne vous promets pas de toutes les appliquer. Merci de votre lecture et de votre patience.

# Posted on Saturday, 12 January 2008 at 12:33 PM

Edited on Sunday, 20 December 2009 at 10:50 AM

Blog sous Licence !!

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# Posted on Monday, 09 March 2009 at 5:29 AM

1-1

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Chapitre 1
Une partie de jeu du territoire


Une aube grisâtre se levait sur la petite ville de Mid, au fin fond du pays qu'on appelait le Domaine des Défricheurs. C'était une matinée morne, exactement semblable à la précédente, et à celle qui avait précédé la précédente, et ainsi de suite. A la pâle lumière du soleil, les toits se coloraient un instant de rouge et de jaune, puis s'obscurcissaient dès que le corps fantômatique d'une Goule les survolait. Les Goules planaient toujours au-dessus des maisons, seules ou par petites bandes, menaçantes. Elles ne dormaient jamais.
Les rayons de l'aube atteignirent le bas de la ville et frappèrent la fenêtre de l'atelier de l'orfèvre Nareliedh. Celui-ci était déjà ou, plutôt, encore réveillé : il avait travaillé toute la nuit sur une série de cristaux protecteurs sertis dans de l'or blanc ciselé, une commande spéciale du Préfet de Mid pour sa famille. En voyant le jour paraître, Nareliedh leva la tête de son ouvrage, quitte à entendre les os de sa nuque émettre un craquement désagréable, s'essuya les yeux et se leva de son tabouret. Il était temps de réveiller son apprenti, Mélito, pour qu'il continue le travail pendant que lui-même irait dormir. L'orfèvre se massa encore une fois le front, se passa la main dans les cheveux et alla frapper à la porte de son apprenti.
Quand son maître le réveilla, Mélito se leva sans trop de difficulté, mais sans trop d'entrain non plus. Cette journée allait sûrement être une longue et morose journée de travail, comme la veille et comme l'avant-veille. Le garçon alla se laver rapidement le visage dans un coin de sa petite chambre : le miroir craquelé fixé au mur lui renvoya son image, l'image d'un adolescent de douze ans à peine, aux grands yeux clairs et aux cheveux châtains, ni vraiment beau, ni vraiment laid, le genre actif et débrouillard, pétri de principes et un peu naïf, mais qui ne fait pas la même erreur deux fois. Mélito finit sa toilette et entra dans l'atelier pour commencer son travail du jour, sans oublier de saluer d'un respectueux signe de tête le petit autel de la déesse Ishta, la protectrice de la ville de Mid.
Maître Nareliedh était déjà allé se coucher, pour rattraper sa nuit blanche passée sur la commande du Préfet ; Mélito s'assit à l'une des longues tables de l'atelier, ingurgitant un morceau de pain de seigle tartiné d'un peu de beurre en guise de petit déjeuner, et se pencha sur les bijoux. Les cristaux étaient déjà sertis, il restait à effectuer toutes les ciselures décoratives selon le modèle dessiné sur une feuille posée sur la table. Mélito finit d'avaler son bout de pain et se mit à l'ouvrage, tout comme la veille et tout comme, sûrement, le lendemain.
C'est alors que résonnèrent soudain trois coups très forts à la porte de l'atelier.
Ca, c'était inhabituel.
Mélito releva la tête. Qui pouvait bien frapper si tôt ? La boutique n'était pas ouverte. Un fournisseur ? Normalement, c'était plutôt le maître qui allait chez eux, pas le contraire. Qui cela pouvait-il être ?
Les coups recommencèrent, plus forts, plus énergiques, faisant vibrer le bois lourd de la porte et tinter le métal des verrous.
- Oui oui, j'arrive ! cria Mélito, et il quitta sa table de travail pour aller ouvrir à l'inconnu.
Peut-être que s'il avait su tout ce que ce geste impliquait, s'il avait su où le simple fait d'ouvrir cette porte le mènerait, il n'aurait jamais posé la main sur la poignée...

# Posted on Saturday, 12 January 2008 at 12:34 PM

Edited on Sunday, 16 August 2009 at 8:04 AM

1-2

1-2
Chapitre 1 (suite)

Le garçon ne fit qu'ôter le verrou et entrouvrir la porte : à peine eut-il ouvert que le visiteur entra à toute vitesse ; il bouscula Mélito, qui faillit tomber à la renverse, déboula au milieu de l'atelier et appela d'une voix forte :
- Maître Nareliedh !
Mélito se redressa. Le visiteur était une femme, une dame d'âge mûr, peu gracieuse, vêtue d'une robe de soie rouge assez ample, l'air déterminé. Campée au milieu de l'atelier, elle continuait à crier :
- Maître Nareliedh !
- Moins fort, vous allez le réveiller, tenta d'intervenir Mélito.
- Mais je veux le réveiller, jeune homme, rétorqua la femme d'un ton sec, il me doit une partie de jeu du territoire.
- Une quoi ? s'exclama Mélito, et il était sur le point de demander à l'intruse plus de précisions quand la porte de la chambre de son maître s'ouvrit à toute volée.
Nareliedh apparut, vit aussitôt la femme et articula un "Vous ?!" plein de stupéfaction. Si un artiste, tels les anciens sculpteurs du sud du continent, avait voulu représenter la stupeur, il n'aurait rien trouvé de mieux que cet homme de quarante ans au petit nez, au dos un peu voûté, habillé sommairement d'une chemise enfilée à la va-vite, figé au seuil de sa porte, avec ses yeux gris écarquillés et ses cheveux poivre et sel ébouriffés, au-dessus d'un front marqué par l'âge que venaient encore plisser des rides d'étonnement.
- Oui, moi, maître Nareliedh, dit l'intruse. Je viens vous demander une partie de jeu du territoire.
L'orfèvre ne répondit pas. Il paraissait ravaler sa salive, et chercher des yeux une issue. Mais en vain. La femme en robe rouge lui bloquait l'accès à la seule sortie possible, la porte de l'atelier. Inutile de chercher à s'enfuir. Elle l'avait rattrapé, et elle ne le laisserait plus lui filer entre les doigts.
- Eh bien ? insista la femme à la robe rouge. Vous m'aviez promis, dans la salle de jeu de Sebalith. Vous m'aviez promis que si je venais vous demander une partie, vous me l'accorderiez. Et vous m'aviez aussi promis que si je la gagnais, vous me guideriez jusqu'au Jardin. Les hommes de la côte ont la réputation de n'avoir qu'une parole.
- C'est exact, concéda Nareliedh dans un soupir.
Il ferma les yeux, l'air résigné, puis releva la tête.
- Mélito, ordonna-t-il, va chercher le grand plateau de jeu et les pions dans l'armoire de ma chambre.
- Bien, maître.
Dès que le garçon se fut exécuté, la femme en robe rouge s'installa à même le sol, au beau milieu de l'atelier. Mélito ne savait pas quel était l'enjeu de cette partie, mais de toute évidence, elle ne comptait pas perdre. Maître Nareliedh vint s'asseoir en face d'elle, de l'autre côté du plateau de jeu. Mais il n'avait pas l'air si sûr de lui, et s'il semblait prêt à relever le défi, peut-être n'avait-il pas autant envie de gagner que son adversaire.

# Posted on Saturday, 12 January 2008 at 12:34 PM

Edited on Sunday, 16 August 2009 at 8:05 AM

1-3

Chapitre 1 (fin)

De plus, la femme en rouge avait prononcé une phrase qui intriguait Mélito. "Les hommes de la côte ?" se répétait-il avec étonnement. La mer était bien à cent lieues de Mid. Il savait que son maître était un étranger. Un homme installé loin de son pays natal, c'était assez rare par les temps qui couraient, pour que toute la ville sache qui était ou n'était pas de la région. Mais Nareliedh n'avait jamais donné d'indications sur son origine. Viendrait-il du royaume des Parales, au bord de la Mer Intérieure ? Mais la femme avait parlé de Sebalith : un pays, sûrement, ou une ville. C'était bien la première fois que le garçon entendait ce nom.
Les joueurs se faisaient face, posant un pion après l'autre sur le plateau, selon un ordre et une logique qu'eux seuls semblaient percevoir. Mélito ne connaissait pas non plus ce "jeu du territoire". Il regardait sans comprendre son maître et l'inconnue s'affronter, sans savoir quoi faire, s'il devait reprendre le travail, s'il devait rester là pour voir qui serait vainqueur, quoiqu'il fût bien incapable de saisir le déroulement de ce jeu hermétique.
Une sorte de tension flottait dans l'air, une atmosphère pesante, toute entière dégagée par la femme en rouge, qui posait un à un ses pions avec une détermination sans égale. Mélito frissonnait quand il l'approchait. Instinctivement, il comprenait que l'enjeu de cette partie était très important, même s'il n'aurait pas su dire en quoi.
Mais il voyait le visage de son maître, l'orfèvre Nareliedh, d'abord calme et serein, se décomposer peu à peu, au fur et à mesure des coups, tandis que celui de la femme rayonnait de plus en plus : elle n'était que maîtrise, supériorité, triomphe ; et la tête de Nareliedh s'abaissait insensiblement, ses yeux scrutaient les pions, cherchant encore un moyen de les sortir des pièges que lui tendait son adversaire ; mais sur le plateau comme dans cet atelier, face à l'inconnue, il n'y avait pas d'issue.
L'orfèvre contempla les pions. Il semblait que les dieux avaient rendu leur verdict.
C'était fini.
Le maître se rendit, et murmura dans un soupir :
- J'abandonne. J'ai perdu.
- Bien ! coupa aussitôt la femme en se redressant d'un bond. Il est temps de tenir votre parole, Nareliedh. Prenez vos affaires, nous partons.
- Vous partez ? faillit s'étrangler Mélito. Je ne comprends pas. Vous n'allez pas partir comme ça... pour un pari, et... Vous partez, vraiment ?
L'orfèvre se leva lentement et jeta à son apprenti un regard désolé.
- Oui, mon garçon. Je dois m'en aller pour quelques mois au moins, peut-être un an, je ne sais pas. Je suis navré de te laisser tout seul, mais je n'ai pas le choix. Comme elle l'a dit, les hommes de la côte n'ont qu'une parole.
Il prit un sac de voyage et entra dans sa chambre pour le remplir de vêtements et d'autres affaires de voyage, suivi des yeux par la femme en rouge.
- Mais moi ? lui cria le garçon, estomaqué, à travers le mur. Qu'est-ce que je vais devenir ? Je n'aurai plus d'endroit où dormir, et qui va me nourrir ?
- Retourne chez tes parents, répliqua la femme d'une voix cinglante. Maître Nareliedh, nous n'avons pas de temps à perdre.
Mais Mélito n'avait pas de parents. Son père, sa mère et son grand frère étaient morts, dans une épidémie de fièvre qui avait frappé le Domaine des Défricheurs, cinq ans auparavant. Maître Nareliedh, qui venait alors d'arriver à Mid, l'avait recueilli et pris comme apprenti. Sans le maître, Mélito n'aurait été qu'un vagabond, mort de faim ou victime des goules. Nareliedh lui avait véritablement servi de père, et maintenant, il partait, il l'abandonnait sans raison.
Peut-être le garçon aurait-il dû pleurer. C'est ce qu'on fait dans ces cas-là. Mais ses yeux restaient secs : sa surprise était plus forte que son chagrin.
- Ne t'inquiète pas, mon garçon, le rassura l'orfèvre. Je reviendrai, enfin, je l'espère. En attendant, j'ai une amie en ville qui peut peut-être t'héberger. Elle s'appelle Chaga, elle habite à l'Auberge de la Route du Nord, tu vois où elle se trouve ? Va la voir de ma part. Elle te trouvera un toit et peut-être un nouveau travail.
- Mais vous, où vous allez ? Où vous partez en laissant l'atelier, et les cristaux... et moi ? s'écria le garçon.
Maître Nareliedh jeta un regard du coin de l'oeil à la femme en rouge, qui l'attendait impatiemment, bras croisés, yeux sévères.
- Ma destination... Cela n'a pas d'importance. Je te laisse entre les mains de Chaga, j'ai toute confiance en elle. En revanche, j'aimerais que tu fasses quelque chose pour moi, ajouta-t-il en appuyant bien chaque mot. Il y a un petit coffre dans ma chambre, en bas de la grande armoire. Dedans, il y a des objets importants... une commande... pour le Préfet de la ville de Sewar. Il faut que tu les prennes et que tu les gardes avec toi jusqu'au jour où tu en auras besoin. D'accord ?
- D'accord, fit Mélito interloqué.
Sa surprise redoublait. Une commande de Sewar ? L'adolescent était si stupéfait qu'il ne pouvait qu'obéir machinalement, sans protester, sans réfléchir.
- Je dois y aller, vraiment, je n'ai pas le choix. Je reviendrai dès que je le pourrai. Ne t'inquiète pas pour moi... Ferme l'atelier et donne les clés à Chaga, elle saura quoi en faire. Au revoir, mon garçon.
- Au revoir, eut juste le temps de répondre l'adolescent, avant que la femme en rouge ne saisisse son maître par le bras et ne l'entraîne hors de l'atelier, dans la rue.
Il y eut des hennissements de chevaux, le bruit de montures lancées au trot dans les rues pavées de Mid, et Mélito se retrouva seul dans ce qui avait été l'atelier de l'orfèvre Nareliedh. Seul. Tout s'était passé si vite. En un instant, l'orfèvre était parti, et la vie de Mélito en était bouleversée à jamais. La poussière tombait lentement sur les poinçons, l'or et les matières précieuses, sur les tables vides que le maître avait quittées.
Le garçon ne resta pas longtemps figé de surprise. Il ouvrit la porte de la chambre de Nareliedh et tira les battants de l'armoire, pour saisir le petit coffre dont le maître lui avait parlé. Celui-ci n'était pas fermé à clé ; Mélito souleva le couvercle : vide, en apparence. Mais quand l'adolescent, étonné, passa sa main au fond du coffre, le bois sembla céder sous ses doigts. Un double fond. Mélito ôta tout à fait la fine plaque de bois et découvrit, jaunie par son séjour prolongé dans le coffre, une enveloppe renflée, qui paraissait contenir plus que du papier.
Mélito la fourra dans sa poche. Bien entendu, la ville de Sewar était trop importante pour que son Préfet aille se faire faire des bijoux à Mid, simple bourgade. Il n'y avait jamais eu de commande de Sewar. Quoi que contienne cette enveloppe, maître Nareliedh venait de le confier à Mélito.
1-3

# Posted on Saturday, 12 January 2008 at 12:59 PM

Edited on Sunday, 16 August 2009 at 8:05 AM